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Les Fleurs du Mal - La Vie Antérieure (Baudelaire)

 

Un poème à l’occasion du Printemps des Poètes

Dans Les Fleurs du Mal, les paysages, la nature ne sont jamais traités pour eux-mêmes, mais pour les symboles qu’ils offrent et les rêves qu’ils suscitent. Entre réminiscences esthétiques et fantasme, l’évocation de la vie antérieure révèle un art de vivre qui mêle souffrance et plaisir.

Les Fleurs du Mal, 1857

 

La Vie antérieure

 

J’ai longtemps habité sous de vastes portiques
Que de soleils marins teignaient de mille feux,
Et que leurs grands piliers, droits et majestueux,
Rendaient pareils, le soir, aux grottes basaltiques.

Les houles, en roulant les images des cieux,
Mêlaient d’une façon solennelle et mystique
Les tout-puissants accords de leur riche musique
Aux couleurs du couchant reflété par mes yeux.

C’est là que j’ai vécu dans les voluptés calmes,
Au milieu de l’azur, des vagues, des splendeurs
Et des esclaves nus, tout imprégnés d’odeurs,

Qui me rafraîchissaient le front avec des palmes,
Et dont l’unique soi était d’approfondir
Le secret douloureux qui me faisait languir.

” Spleen et Idéal “, XII. Baudelaire

“Les Fleurs du Mal” à télécharger (PDF) :

 



2 Commentaires à “Les Fleurs du Mal - La Vie Antérieure (Baudelaire)”

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bayelef

Depuis toujours Baudelaire et Lorca sont mes poêtes preferés.
On ressent chez Baudelaire cette nostalgie d’un état oublié mais pas effacé. Cette connaissance pressentie d’une realité qui échappe au commun des mortels. Son âme à fleur de peau l’asseoit entre deux mondes qui le tiraillent cherchant cet équilibre si fragile qui fait du poête un mystique.

bayelef a dit ceci le 5 avril 2007 à 1:34

saxifrage

C’est je crois mon poème préféré. Magnifique. Chanté par Léo Ferré dans son album dédié aux poètes, pas mal non plus d’ailleurs. Amicalement

saxifrage a dit ceci le 18 mars 2007 à 8:35






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