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Pourquoi ai-je fait cela…

Je suis un meurtrier, et j’en ai honte. Évidemment, je ne suis pas un meurtrier au sens où le définit la loi. Comme l’on dit il n’y a pas eu mort d’homme… Néanmoins, je SUIS un meurtrier. En effet, un jour, sans que je ne parvienne à me l’expliquer, j’ai tué, délibérément, un insecte dont je ne saurai dire le nom. Il ne m’avait rien fait, se contentant seulement de vivre, et ne me gênant nullement dans mes propres activités. Mais voila, d’un geste sans logique et inexplicable, j’ai accompli l’acte violent de lui ôter la vie, sans en ressentir le moindre ressentiment. Influences néfastes de mon environnement, acte irréfléchi me direz vous, peu importe, le fait est que ce jour là j’avais commis l’action la plus barbare qu’il est permis à un être humain de faire, ôter la vie, et ce de manière purement gratuite. Pourquoi faut-il que seul l’Homme soit capable de commettre l’acte de supprimer la vie de manière gratuite, uniquement pour le plaisir (d’ailleurs ce jour là je n’en avais éprouvé aucun…) alors que les autres espèces ne tuent que dans la nécessité de se nourrir ?

 

Oui je n’en suis pas fier, et cela me surprend d’autant plus que je n’ai jamais agit de semblable manière envers toute espèce vivante depuis ma prime enfance.

Que faire quand le mal est fait et que rien ne semble pouvoir l’effacer. L’excuse, le regret, le remord, la repentance ou tout simplement le désir de s’améliorer et la promesse de ne plus jamais agir de la sorte. Cela m’évoque le parcours du grand sage tibétain Milarepa. Milarepa, qui, dit-on, maîtrisa l’art de la magie noire, fit s’écrouler la maison de ses oncles et tante à l’occasion du mariage de leurs fils, causant ainsi la mort de trente-cinq personnes. Ensuite, il fit tomber de la grêle sur les champs du village, ruinant les récoltes de ceux qui ne les avaient pas soutenu dans les malheurs qu’il avait connu sa mère et lui. Après avoir fui la colère des villageois, Milarepa fut pris de remords et son maître en magie lui conseilla d’aller étudier la Loi Bouddhique. Pour l’aider à purifier son mauvais karma antérieur, son maître bouddhiste lui imposa toutes une série d’épreuves. Six années durant, Milarepa se vit refuser l’initiation, et ce n’est qu’au bout d’une période de neuf années qu’il parvint à atteindre l’éveil.

Mon épreuve, bien que différente à bien des égards de celle de Milarepa, n’en est pas si éloigné dans son principe. Et cela m’a amené au sens que je devais accorder au mot compassion, que je devais mettre en pratique et étendre à l’ensemble des êtres vivants, quels qu’ils soient. Le Bouddha est dans ce sens exemplaire, lui qui, dans une vie antérieure, par pure compassion, donna son corps à des lionceaux qui étaient en train de mourir de faim. Quel contraste entre cette attitude et celle de tuer gratuitement un être vivant…

 


Voilà pourquoi j’ai décidé de commencer une repentance sincère et continue, de rester vigilant et attentif à chacun de mes actes comme étant porteurs de fruits positifs comme négatifs, mais surtout comme pouvant blesser ou détruire les autres formes de vie avec lesquelles je dois coexister, du moment qu’elles ne me menacent pas et mènent leur vie indépendamment de la mienne.



2 Commentaires à “Pourquoi ai-je fait cela…”

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bayelefunblogfr

il a été dit , qu’avoir des défauts , être humain , n’est pas inquiétant , ce qui serait effrayant , serait de n’en avoir aucun à corriger …..
Oter la vie par cruauté , par jeu est un crime grave , mais nous le faisons involontairement à chaque fois que notre pied se pose sur le sol.
Quand nous prenons conscience du mal que l’on a fait , nos regrets nous poussent à la compassion envers autrui et vers le pardon , le pardon pour soi et le pardon pour les autres .
bises
brigitte

bayelefunblogfr a dit ceci le 2 mars 2008 à 12:29

byakuren

inoui7 écrit:

“Pourquoi avoir fait cela ?”
Dans le livre des “Tipitaka” (les trois parties des écritures palies) on témoigne que Bouddha évoque trois choses qui ne peuvent être réfutées:
- les pouvoirs psychiques développés par la concentration
- tout ce qui est lié à Bouddha (omniscience, connaissances particulières,…)
- le “kamma” (loi naturelle des causes et de leurs conséquences)
Chacun est libre d’y croire ou pas…

En réalité, seul les attributs du Bouddha relève de la croyance et est de l’ordre de la foi, car les deux autres éléments peuvent se comprendre dans leur dimension psychologique et non religieuse. En effet, si j’ai agi de la sorte, ce peut être en vertu de la loi karmique (karma en sanskrit, kamma en pâli), loi du conditionnement de la cause et de ses effets. Nul pessimisme néanmoins, le karma n’impliquant aucun fatalisme. Il existe des moyens de purifier ce karma accumulé. C’est notamment la pratique de la concentration, ou samadhi, qui vise à l’obtention de la sagesse (prajna) et surtout, la pratique de la compassion (karuna) envers tous les êtres, qui entraine ainsi une accumulation des mérites et un allègement progressif du karma. Sachant que tout ceci doit évidemment se faire sans esprit intéressé…

byakuren a dit ceci le 27 décembre 2006 à 11:22






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